J’ai déjà évoqué ce que j’appellerais la « parenthèse Avignonnaise »,  cette impression d’une seconde vie, emboîtée à l’intérieur de notre vie « normale », à la façon d’une poupée russe estivale. C’est encore plus flagrant quand nous recevons des proches ou des amis, ce qui a été le cas pour moi ces deux derniers jours, et devrait se reproduire tout le long du festival. Leur irruption se révèle paradoxale, car si c’est un immense plaisir de leur faire découvrir cet univers riche et foisonnant qui est notre quotidien, leur présence vient dans le même temps le perturber. Des habitudes ont été prises et le simple fait de les voir nous rappellent aussitôt à cette « autre » vie. Les journées sont tellement riches, et si denses en émotions, nous avons l’impression d’avoir tant vécu, alors que cela fait tout juste une semaine que nous nous trouvons ici ! Il se produit parfois comme des collisions entre nos vies habituelles et celles que nous menons en Avignon. Pour eux, c’est tout à fait étrange de nous voir évoluer dans cet espace bruyant, grouillant, bariolé, dont ils ne connaissent pas tous les codes, et encore plus bizarre de nous observer en « représentation » permanente désespérément ou à l’inverse à la recherche de courts instants de calme et de solitude…

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« Tous ceux qui aiment ce festival devraient avoir à cœur de lire ce récit, pour comprendre la réalité de ce que vivent ceux par qui il existe : les artistes. »

La Provence